Le Curare: une plante de survie pour les indigènes...

Publié le par kamer pharma

Le curare est une substance extraite de certaines lianes d'Amazonie, notamment Chondodendron tomentosum et Strychnos toxifera , qui provoque une paralysie des muscles. Il est utilisé par certains Amérindiens et Aborigènes comme poison pour enduire les flèches. En afrique, cette plante est également très utilisée en milieu rural par des  habitants des campagnes  et des grandes forets équatoriale dans la chasse et l’auto-défense contre les animaux sauvages.

  22-copie-1.jpg
     
 21-copie-1.jpg    

Historique

C’est au détour d’une expédition en Guyane que Lawrence Keymis mentionna vers 1596 un poison appelé ourari. Au XVIIIe siècle, José Gumilla nomma le curare et décrivit ses effets : les sud-Amérindiens en enduisaient les flèches qu'ils lançaient avec une sarbacane pour chasser. Le gibier était empoisonné par paralysie musculaire quelques instants après avoir été touché, ce qui évitait d'effrayer les autres cibles potentielles. La consommation de la viande restait possible, le curare n'étant pas actif en cas d'ingestion. C'est Charles Marie de La Condamine qui en rapporta les premiers échantillons connus, en 1745.

Harold Randall Griffith (1894 – 1985) et Enid Johnson utilisent en 1942, l'intocostrin, préparation commerciale à base de Chondodendron tomentosum, pour provoquer un relâchement musculaire lors d'une anesthésie générale.Dès 1943, Oscar Wintersteiner et James Dutcher isolèrent la d-tubocurarine de cette même plante.En 1946, Daniel Bovet et ses collaborateurs aboutirent à l'Institut Pasteur, dans le laboratoire d'Ernest Fourneau, au premier curarisant de synthèse, le 2559 F ou triiodoéthylate de gallamine, breveté sous le nom de Flaxedil, cinq fois plus actif que la tubocurarine.

 

Utilisation pharmacologique

Par extension, un curare désigne un médicament aux propriétés curarisantes, utilisé en anesthésie pour provoquer un relâchement musculaire. Dans ce cas, le patient est sédaté en même temps, souvent par un morphinique, car les sensations provoquées par le curare sont très angoissantes si le patient en est conscient. Les indications pour l'administration d'un curare sont :

  • faciliter l'intubation trachéale ;
  • diminuer le tonus musculaire pour faciliter une intervention chirurgicale ;
  • faciliter la ventilation mécanique (éviter asynchronie patient-ventilateur)
  • supprimer les contractures musculaires par exemple dans la sismothérapie.
  • Les curares n'agissent que sur les muscles striés squelettiques (biceps, triceps mais pas sur le cœur ou l'estomac). Ils agissent de manière compétitive en bloquant les récepteurs (nicotinique) d'acétylcholine, ce qui empêche les muscles de se contracter.
   33.jpg

 


Publicité

Publié dans PLANTES ET NATURE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article