| L'Onusida a publié le 21 novembre des chiffres encourageants qui montre l'impact des traitements mais l'épidémie continue de croitre dans certaines zones, notamment en Europe orientale et en Asie centrale. «Nous avons vu un élargissement massif de l'accès au traitement du VIH, qui a eu un effet spectaculaire sur la vie des gens partout dans le monde.» C'est sous le signe de l'optimisme que Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, a présenté les derniers chiffres de l'épidémie de sida, publiés à l'occasion du 1er décembre. Selon des estimations de l'Onusida et de l'OMS, 47% (6,6 millions) des quelque 14,2 millions de personnes éligibles au traitement avaient accès à la thérapie antirétrovirale salvatrice en 2010, soit une augmentation de 1,35 million depuis 2009. Selon l'Onusida (voir tableau ci-dessus), «les nouvelles infections à VIH ont considérablement baissé ou se sont stabilisées dans la plupart des régions du monde. En Afrique subsaharienne, le nombre de nouvelles infections à VIH a chuté de plus de 26% depuis le pic de l'épidémie en 1997, avec une baisse d'un tiers en Afrique du Sud, le pays qui compte le plus grand nombre de nouvelles infections à VIH dans le monde». Les décès liés au sida ont, eux, diminué de 21% depuis 2005, année du pic du nombre de décès. En 2010, le sida a cependant continué de tuer: 1,8 million de personnes sont mortes dans le monde et 2,7 millions ont été infectées. On estime que 34 millions de personnes vivent avec le VIH sur la planète. Impact positif du traitement Le traitement a les effets attendus sur le nombre de nouvelles infections. Traiter les séropositifs/ves, c'est prévenir l'infection de leurs partenaires sexuel-le-s. Un exemple parmi d'autres, expliqué par Onusida: «Au Botswana, le schéma des comportements sexuels est resté relativement stable depuis 2000. Le pays a intensifié l'accès au traitement, qui a passé de moins de 5% en 2000 à plus de 80%, couverture qu'il a maintenue depuis 2009. Le nombre annuel des nouvelles infections a baissé de plus des deux tiers depuis la fin des années 1990, et les données suggèrent que le nombre des nouvelles infections à VIH au Botswana est de 30% à 50% inférieur à ce qu'il aurait été en l'absence de thérapie antirétrovirale.» Poursuite des investissements Selon Michel Sidibé, il faut poursuivre les investissements dans la lutte contre le sida, ne pas relâcher les efforts et axer ces investissements sur six activités essentielles: des interventions ciblées à l'intention des populations à plus haut risque (en particulier les professionnel-le-s du sexe et leurs clients, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et les personnes qui s'injectent des drogues); la prévention des nouvelles infections à VIH chez l'enfant; des programmes sur les changements de comportement; la promotion et la distribution de préservatifs; et la circoncision masculine volontaire dans les pays où la prévalence du VIH est élevée et les taux de circoncision sont faibles. Tout un programme. Si les investissements attendus sont réalisés, cela permettrait dès 2015 de diminuer les ressources nécessaires à la lutte contre le virus. Pour l'Onusida, «la riposte au sida [est] une excellente opportunité d'investissement où le rendement compenserait le coût initial en moins d'une génération». Le rapport 2011 de l'Onusida souligne le bénéfice d'une amélioration de l'accès aux traitements, qui concerne désormais près de la moitié des patients éligibles à la thérapie antirétrovirale. Mais ce point positif ne doit pas faire oublier que l'épidémie continue de progresser dans certaines zones. Quelques chiffres permettent de comprendre l'optimisme affiché lors de la présentation du rapport 2011 de l'Onusida : les décès liés au virus sont passés de 2,2 millions en 2005 à 1,8 million en 2010. Au total, près de 2,5 millions de décès ont été évités dans les pays à revenu faible ou intermédiaire grâce à un meilleur accès au traitement depuis 1995. Mais en 2010, 34 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde et le nombre de nouvelles contaminations a tendance à stagner depuis près de 5 ans. Un accès aux traitements en forte progression Du côté des bonnes nouvelles, le rapport note que les nouvelles infections à VIH ont affiché une baisse de 21 % dans le monde entre 1997 et 2010. D'autre part, les décès associés au sida ont également diminué de 21 % depuis 2005. Selon les experts d'Onusida, cette évolution est en lien direct avec l'amélioration de l'accès au traitement. Aujourd'hui, 47 % des patients (6,6 millions) éligibles à la thérapie antirétrovirale peuvent désormais y accéder. Dans ce domaine, les progrès sont impressionnants puisqu'ils correspondent à une hausse de 1,35 million de personnes depuis 2009. On estime à près de 2,5 millions le nombre de décès évités dans les pays à revenu faible ou intermédiaire du fait de l'accès accru au traitement du VIH depuis 1995. Dans le détail, le rapport souligne les bons résultats au Botswana (où l'accès aux traitements de 80 % des patients a permis de réduire de deux tiers les nouvelles infections par rapport à la fin des années 90), aux Caraïbes, en République dominicaine et en Jamaïque (où le nombre de nouvelles infections a chuté de près d'un quart depuis 2001), au Kenya (où la mise en place de la circoncision masculine dans province de Nyanza aurait permis d'éviter 2 000 nouvelles infections)… "Même dans une crise financière très difficile, les pays obtiennent des résultats dans le domaine de la riposte au sida. Nous avons vu un élargissement massif de l'accès au traitement du VIH, qui a eu un effet spectaculaire sur la vie des gens partout dans le monde", s'enthousiasme Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida. Une épidémie qui continue de progresser La comparaison des taux d'infection, des nouvelles contaminations et des effets des campagnes de prévention avec des dates différentes (fin des années 90, 2001 ou 2009) ne facilite pas la lecture des chiffres donnés par l'Onusida. Si l'amélioration de l'accès aux traitements est irréfutable, on peut s'interroger sur la réelle tendance concernant l'épidémie. En se replongeant dans les rapports 2010 ou 2009, on note que le nombre de nouvelles contaminations stagne (2,7 millions en 2008, 2,7 en 2009…). "Si on peut se réjouir d'une amélioration de l'accès aux soins, on peut noter un sérieux bémol concernant la dynamique de l'épidémie au niveau des pays du Sud mais également en Europe, où les chiffres concernant les nouvelles contaminations restent relativement stables" regrette le Pr. Delfraissy, directeur de l'Agence National de recherche sur le sida. Rapport 2011 Onusida | | | | |