L'armoise annuelle: Une plante contre le paludisme

Publié le par kamer pharma

L'armoise annuelle (Artemisia annua) est une  plante annuelle  glabre originaire de Chine naturalisée en Europe et déjà cultivée en Afrique (Cameroun,Nigeria...)

Les tiges très ramifiées ont une longueur comprises entre 30 et 100 cm (pouvant atteindre plus de 3 m en culture), les  feuilles  sont très divisées et les  capitules ont une longueur 1-1,5 mm se positionnant en  grappes lâches et terminant les branches. La  floraison est estivale. On la trouve dans tous les terrains vagues (y compris au milieu des habitations) des zones tempérées chaudesartemisia_vulgaris.jpeg

Attention de ne pas confondre l’armoise annuelle avec l’ ambroisie  reconnue comme l’une des première cause d ’ allergies polliniques(y compris cutanées). Les feuilles de l’armoise annuelle sont très divisées de couleur vert clair et l’odeur est très forte quand on les froisse dans les doigts tandis que celles de l’ambroisie n’ont aucune odeur.

L'armoise annuelle est utilisée par les herboristes chinois depuis longtemps dans le traitement de nombreuses maladies, telle que des dermatites ou bien encore contre la malaria depuis l'antiquité. En effet la plante contient de l'artémisinine  une  lactone sesquiterpénique  qui s’est révélée efficace à titre curatif et non préventif contre des formes graves de  paludisme (en particulier contre plasmodium falciparum  devenu en de nombreux endroits résistants aux médicaments classiques). C'est donc une alternative simple à la portée des populations soumises à ce fléau.

L'Artémisinine, est efficace contre plusieurs souches de parasites responsables du  paludisme.

De multiples études scientifiques confirment cette propriété et l' OMS (Organisation Mondiale de la Santé) commence à encourager des programmes de soins et de culture. Cette même OMS déconseille la  monotherapie à  base d'artémisinine et recommande les traitements combinés (bithérapie).

Des résultats acceptables sont obtenus avec des cures sous forme de tisanes, en l'utilisant au moment des fièvres.L'utilisation en tisane est également fortement déconseillée par l'OMS car cette approche pourrait favoriser la résistance du parasite à la molécule d'artéméther (dérivé semi-synthétique de l’artémisinine). Bien que l'application du principe de précaution soit louable de la part de l'OMS, certains font remarquer qu'aucune forme de résistance à l'artémisinine n'a été enregistrée en Chine, alors que cette tisane est utilisée seule depuis 2000 ans. L'incertitude récemment apparue découle de la possibilité nouvelle d'une utilisation systématique et d'une application en masse de traitements à base d'artémisinine de qualité plus ou moins variable sur une très nombreuse population, une situation qui jusqu'à récemment ne s'était encore jamais produite avec cette substance.Actuellement, la seule possibilité de se procurer de l'artémisinine pour la fabrication de médicaments est la récolte de plantes cultivées d'Artemisia annua, mais il est à noter qu'il y a des difficultés de culture en zone tropicale rendant le processus très complexe.En effet, les grandes différences de teneur en artémisinine en fonction du sol, de la période et des conditions de récolte, de séchage et de stockage rendent difficile la standardisation et donc la garantie d'efficacité de la plante utilisée en tisane. Le paludisme étant potentiellement mortel, il est des plus importants que l’efficacité soit certifiée. La grande variabilité du taux de principe actif ne peut certifier son efficacité.Il est de plus difficile de préconiser une dose journalière. En médecine moderne, les dérivés d’artémisinine ne sont jamais utilisés en dessous de 50 mg. On estime au mieux, un taux d’artémisinine de 1,4 % dans les espèces sélectionnées. Elle se situe autour de 0,25 % en moyenne. Le principe actif est peu soluble dans l’eau. Aussi, ce faible dosage pourrait favoriser l’apparition de résistances.

 

artemisia-annua.jpg  La récolte chinoise bien que déterminante pour les sociétés pharmaceutiques est devenue insuffisante. Des cultures sont également en place en Europe de l'Ouest (principalement sur le pourtour des Alpes). Une production africaine s'y ajoute maintenant. Artemisia annua verdit déjà au Cameroun, au Nigeria, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et à Madagascar. Deux projets d'envergure ont récemment vu le jour en Afrique de l'Est pour la culture d'Artemisia annua et la fourniture d'artémisinine (East African Botanicals au Kenya, Ouganda et Tanzanie et à Madagascar (600 hectares)).

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Publié dans PLANTES ET NATURE

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