Médicaments de la rue: le cas de Diaobé au Sénégal

Publié le par kamer pharma


La vente illicite de médicaments de contrefaçon est devenue un phénomène courant à Diaobé, localité située dans le département de Vélingara, région de Kolda. Là, de plus en plus d’individus se livrent à ce commerce pour se faire de l’argent (facile !) au grand dam des populations.  

Il n’est pas rare de rencontrer des individus, tous âges confondus, sacs en bandoulière ou un carton sous les bras, sillonnant les principales artères du marché de cette bourgade, et se livrant à la vente de médicaments provenant pour la plupart du temps du Nigeria ou de pays asiatiques. En attestent leur étiquettes estampillées « Made in … ».

Il s’ajoute à ceux -là les dons détournés, des produits périmés censés être détruits mais qui malheureusement sont réintroduits dans le circuit.

Ce commerce illicite voire illégal, qui est un maillage complexe aux multiples ramifications, est devenu un véritable problème de santé publique à Diaobé à cause de son ampleur et de ses dégâts.

« Quand je suis arrivé de la Guinée, il y a de cela un an, je me suis mis à vendre des médicaments pour gagner ma vie» nous a confié Issaga Keita, la quarantaine révolue. Issaga, un ressortissant malien, devenu aujourd’hui un véritable « pharmacie ambulant », vend des médicaments à des clients mal informés et lui-même ignorant tout de la posologie.

« Ici nous vendons des produits en plaquette tels que les paracétamols, les dolipranes, les corticoïdes et autres antibiotiques et tous les médicaments relatifs aux pathologies courantes » fait-il savoir avec sérénité.

Sur les emballages de ces « poisons évidents », ne figure aucune date de fabrication ni de péremption.

D’autre part, trouvé en plein marchandage avec son fournisseur, Ibrahima Bâ habitant le village de Mampatin, soutient que « ces médicaments parviennent à soigner parfois mais nous sentons quelques fois les effets secondaires ».

Et il s’empresse d’ajouter : « nous n’avons pas le choix, les produits de la pharmacie sont chers, on est obligé de se rabattre dans la rue ».

Interrogé sur cette situation, Dr Ibou Seck de la pharmacie « Teddungal » dans la commune de Vélingara, a dit : « depuis des années, ce commerce illicite s’est peu-à-peu répandu sous l’influence de pays limitrophes où 70% des médicaments sont contrefaits».

Il renchérit avec amertume : « ces vendeurs sont de simples commerçants ne sachant rien des traitements, ils s’improvisent pharmaciens et font n’importe quoi pour avoir de l’argent ».

Et M. Seck regrette que les dispositions législatives « ne suivent pas l’évolution de la société et du phénomène». Et d’ajouter : « un produit, pour qu’il soit vendu, doit être autorisé au préalable ».

Face à cette situation, le chef du service départemental d’hygiène M. Oumar Seck a dit que « ces marchands bénéficient de la complicité d’autres individus qui sont là pour flairer le plus petit mouvement des services de contrôle ». C’est pourquoi il recommande le renforcement des moyens de lutte pour combattre efficacement ce fléau qui commence à prendre des proportions inquiétantes.

Mouhamadou Moustapha YAFFA

Vendeur ambulant de médicaments

                                                                VENDEUR AMBULANT DE MEDICAMENTS

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article