Le ricin et ses huiles purgatives
Les euphorbiaceae sont des plantes d'apparence variée, des herbes jusqu'aux grands arbres, réparties dans le monde entier mais nombreuses dans les pays chauds.
Elles contiennent souvent du latex, blanc ou incolore, parfois irritant;
la fleur est le plus fréquemment sans pétales, avec un ovaire à 3 cellules donnant, après fécondation, un fruit (capsulaire) à 3 lobes, d'où l'ancienne dénomination "tricoque" que l'on donnait aux euphorbiaceae.Parmi les plus de 10 000 espèces que comprend cette grande famille végétale on distingue 
3 genres importants :
* euphorbia,
* croton
* phyllantus.
Les euphorbiaceae comportent des plantes alimentaires (le manioc), industrielle (l'hévéa) ou décorative (croton, poinsettia)..
Le ricin est originaire du nord-est de l'Afrique et du moyen-orient, les Egyptiens le cultivaient et l'utilisaient au moins pour s'éclairer il y a 6000 ans.
Il a été répandu il y a très longtemps vers l'Inde et la Chine et au 16 ème siècle en Amérique.
Cette plante robuste s'est acclimatée dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier.
Les feuilles renferment un alcaloïde, la ricinine, qui peut provoquer une intoxication du bétail.
Les graines sont riches en huile et en protéines :
40 à 60 % d'huile,
15 à 20 % des protéines
et contiennent une toxalbumine très dangereuse : la ricine.
L'huile est constituée majoritairement de triacylglycérol dont l'acide gras en C18 (insaturé et hydroxylé) : l'acide ricinoléique.
C'est un purgatif drastique longtemps utilisé comme laxatif, mais c'est surtout une huile industrielle : lubrifiant des moteurs tournant à très haut régime, matière première dans l'industrie des polymères (RILSAN) et source d'acide undécylénique (substance antifungique et industrielle).
On ne se sert plus guère de l'huile de ricin comme purgatif, trop brutal, trop dangereux, néanmoins beaucoup de populations préparent encore une huile domestique : les graines sont pilées et cette pâte plus ou moins homogène est chauffée et placée sur un tamis qui permet à l'huile de s'égoutter.
La toxine (ricine) n'est pas soluble dans l'huile et d'autre part très sensible à la chaleur; en usage externe, c'est une huile cosmétologique et qui, associée au massage, calme les douleurs ou les contractures musculaires. Les feuilles de ricin s'utilisent traditionellement en emplâtre contre les douleurs rhumatismales et en "lavage externe", chez les indiens palikours de Guyane, pour se remettre "en forme" après un accès fébrile prolongé;
En usage interne, l'effet laxatif est atteint avec 1 cuillerée à café, l'effet purgatif "drastique" avec 1 à 2 cuillerées à soupe, mais cet usage n'est pas à conseiller.
Le caractère glycoprotéique de la toxine et ses capacités de poison cellulaire ont permis d'envisager son utilisation couplée à des anticorps monoclonaux pour créer ainsi une immunotoxine dirigée spécifiquement sur un antigène. Cette "torpille biologique" permettrait d'atteindre les cellules cancéreuses métastasées ou de pénétrer l'intérieur des tumeurs solides inopérables. Des protocoles thérapeutiques complexes associant cette immunotoxine (de ricine) avec des médicaments cytostatiques ou des radio-isotopes sont envisagés.