Le Prunier africain et la prostate
Le prunier d’Afrique ou Pygeum africanum, un traitement naturel des troubles de la prostate
L’extrait de Pygeum africanum est utilisé avec succès depuis de nombreuses années dans le traitement de différents troubles de la prostate et, en particulier, de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Le Pygeum africanum ou prunier d’Afrique est un arbre à feuilles persistantes qui appartient à la famille des rosacées. Il pousse à l’état sauvage dans les zones montagneuses du Kenya, du Cameroun et de Madagascar. De son écorce est extraite une poudre utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle pour traiter les troubles de la prostate. C’est au XVème siècle que des voyageurs européens ont commencé à s’intéresser aux propriétés de cet arbre en découvrant que des tribus d’Afrique du sud utilisaient son écorce pour traiter des troubles de la vessie qu’ils avaient baptisés “la maladie du vieil homme”.
En Europe, l’extrait d’écorce de Pygeum est utilisé, chez l’homme, dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate depuis le milieu des années soixante. De nombreuses études en double aveugle ont souligné son efficacité à réduire les symptômes de cette pathologie.
L’extrait de Pygeum contient, entre autres, des phytostérols et, en particulier, du bêta-sitostérol, qui agissent comme anti-inflammatoires en inhibant la production dans la prostate de leucotriènes, des prostaglandines pro-inflammatoires. Le Pygeum contient également des triterpènes pentacyciliques (acides ursolique et oléanique) qui ont des propriétés anti-oedémateuses ou décongestionnantes ainsi que des esters de l’acide férulique (n-docosanol et tétracosanol) qui réduisent les niveaux de prolactine et bloquent l’accumulation de cholestérol dans la prostate.
Ses mécanismes d’action
Bien que les mécanismes d’action du Pygeum ne soient pas complètement éclaircis, des travaux sur modèles animaux ont montré qu’il module la contractibilité de la vessie.
L’extrait d’écorce de Pygeum ne semble pas, en effet, agir au niveau hormonal. Des essais sur animaux indiquent qu’il exercerait plutôt une action anti-inflammatoire et inhiberait le développement des tissus responsables de l’hypertrophie de la prostate. De plus, d’autres travaux de recherche sur animaux montrent que l’extrait d’écorce de Pygeum aide à maintenir la fonction contractile de la vessie en cas d’obstruction partielle, un point positif dans le cas d’hypertrophie bénigne de la prostate puisque cette affection réduit la capacité de la vessie à se contracter et donc à se vider.
Hypertrophie bénigne de la prostate
La plupart des études ont utilisé des doses quotidiennes de 75 à 200 mg en une ou deux doses, obtenant une amélioration significative après deux mois de traitement.
Depuis la fin des années soixante-dix, de nombreux essais cliniques ont porté sur l’extrait de Pygeum. Une synthèse3, publiée en 2002, a examiné 18études contrôlées randomisées réalisées entre 1966 et 2000 incluant un total de 1562 sujets atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate. La durée moyenne de ces études était de 64 jours (allant de 30 à 122 jours). Dans l’ensemble, ces études démontrent que le Pygeum soulage nettement plus efficacement qu’un placebo les symptômes de cette affection. Chez les sujets ayant pris l’extrait de Pygeum, les envies d’uriner nocturnes étaient réduites de 19%, le volume urinaire résiduel de 24% tandis que le pic de flux urinaire augmentait de 23%. Les chercheurs en ont conclu qu’une préparation standardisée de Pygeum africanum pouvait constituer une option utile de traitement pour des hommes ayant de faibles symptômes urinaires associés à une hypertrophie bénigne de la prostate.