Cinpharm-Cameroun:une unité de production du médicaments qui reprend ses marques
La Compagnie industrielle pharmaceutique s’est (re)lancée dans la fabrication du médicament générique au Cameroun. Espérons que cette fois sera la bonne et la définitive. Cinpharm est constitué de trois unités en une seule.
Une unité de production
Une unité de contrôle de la qualité
Une unité de maintenance
L’unité de production, elle-même est répartie en trois formulations. Une formulation générale de production des produits secs (comprimés,gélules,sirops secs…),une formulation de production de Béta-lactamines ( antibiotiques) et enfin une formulation de production des solutés massifs, très utilisés en milieux hospitaliers pour l’administration de perfusions diverses.
Cinpharm se présente volontiers comme l’une des rares unités de production de médicaments en Afrique subsaharienne évoluant selon les normes prescrits par l’OMS( Organisation mondiale de la santé). L’entreprise bénéficie d’une assistance multidimensionnelle, notamment celle de l’Allemagne(finance) et de l’Inde(technique).La firme pharmaceutique indienne CIPLA sera le principal pourvoyeur de la matière première nécessaire pour la production des produits qui se veulent être de grande qualité et pécuniairement concurrentiels.
(CINPHARM a annoncé qu’elle fabriquera des antirétroviraux génériques, d’ici 2010, dans la perspective de lutter contre la pandémie de sida qui touche plus d’un demi-million de personnes dans le pays, soit près de 6% de la population du pays.La fabrication de ce médicament se fera grâce à l’appui de la Société allemande d’investissement et de développement (DEG). 4 milliards FCFA ont été débloqués pour la réalisation de ce projet.
Pour le principal promoteur de cette ambitieuse aventure, Cinpharm devrait devenir un outil de souveraineté pour le Cameroun et ne s’arrêtera pas dans la simple fabrication des médicaments, mais s’orientera également dans la recherche, afin que les matières premières locales (notamment à base de plantes) puissent dans l’avenir produire près de 300 molécules « made in Cameroon ».Vaste programme.
Le Cameroun n’est cependant pas à sa première expérience en matière de production locale de médicaments. Dans les années 80 la firme LDN (Laboratoires docteur Nguéwa) s’illustrait déjà dans la fabrication des génériques. Des comprimés, gélules, sirops et autres portant l’estampille LDN étaient déjà installés dans les habitudes de prescriptions et de délivrance en pharmacie.
Rhones-Poulenc (une multinationale française) évoluait aux cotés de LDN en produisant ses propres produits localement. Crée en 1988, son chiffre d''affaires s'élevait à 4.5 Milliards de Francs CFA en 1997. La firme a connu uns baisse de régime en 2001 ne réalisant lus que 800Millions de CA.En 1995 Rhones poulenc a été racheté par Eurapar (Eurapar Finance 80%, RPR 10%, Autres 10%).Cinpharm produisait des comprimés,des gélules,des poudres oraux,et des poudres stériles.La crise économique, la dévaluation de Francs CFA et certainement la prolifération du médicament de la rue ont eu raison de ces deux unités de production. Les locaux et les installations de Rhones-poulenc ont été récupérés par un homme d’affaires Camerounais qui a ainsi crée Cinpharm (version 1).cette dernière a connu des fortunes diverses jusqu’à sa fermeture définitive en 2004.
Rappelons par ailleurs qu’il existe encore de petites unités de production locales, promues par des pharmaciens camerounais et évoluant avec des AMM (Autorisation de mise sur le marché). C’est le cas des produits connus sous le label de Sirop GAMMA ou de Hépasor.
Cinpharm , dans sa nouvelle version, répondra certainement aux exigences des populations de la sous région d’Afrique centrale devrait devenir, dans un avenir proche un véritable pole de développement dans cette zone qui regorge de plusieurs espèces végétales, en matière de fabrication du médicament.