Médicaments de la rue: Les douaniers impuissants face aux médicaments contrefaits

Publié le par Luther

On se rappelle que  2007, avait été placée sous le signe de la lutte contre les produits contrefaits et  la piraterie organisée. Ces deux fléaux sont en nette progression depuis quelques années. Le médicament, à coté des accessoires de luxe et des denrées alimentaires, figure en bonne position dans le classement des produits contrefaits.

La contrefaçon des médicaments est considérée comme un « crime contre l’humanité ». Et les contrefacteurs ont toujours une longueur d’avance sur les textes législatifs. Leur  mode opératoire aussi.

La contrefaçon ne se limite plus à copier le nom d’un article existant en trompant la vigilance du consommateur par ajout ou retrait d’une lettre, ou  alors par résonance phonétique identique. Le produit contrefait est désormais une copie conforme de l’original, difficilement détectable visuellement, mais forcément de moindre qualité.

Le médicament n’y échappe pas.

Les médicaments contrefaits inondent les marchés des pays africains. Ce sont des produits de laboratoires obscurs et souterrains qui copient le label, la dénomination  et les emballages des médicaments. Leurs  contenus ne sont souvent pas conformes exigences pharmacologiques des produits d’origine. D’autres laboratoires « inventent » de nouveau produits que l’on peut facilement qualifier de « génériques des génériques ».Autrement dit des génériques non conformes et sous dosés.

Dans un passé récent on pouvait trouver des boites de «  ZEMTEL » en lieu et place de «  ZENTEL ». De nos jours, il est courant de trouver une seule et même molécule sous le label  de TINIZOL, TINIDAZOL, TIZOL, TENZOL, TAZOL, TEZOL , tous des génériques d’un autre générique provenant d’horizons divers, mais avec des dosages variants. Le fabricant n’est souvent ni localisé ni identifié.

 

Les contrefacteurs mettent les douaniers dans une position inconfortable quand ils doivent attester de l’originalité ou non du médicament lors d’un contrôle ou d’un dédouanement. Ils sont peu  initiés dans le domaine du médicament. Et il leur est très souvent difficile, voire impossible de déterminer le bon médicament de sa « copie contrefaite ».  Pourtant, des possibilités de mise sur pied des méthodes dissuasives et fiables existent. On peut proposer dans le désordre :

a)       La création au sein des douanes des brigades spécialisées dans le domaine médical et pharmaceutique, qui auront pour objectifs de lister les produits agréés par les Ministères de la santé de leurs pays respectifs, de procéder à des examens de laboratoires en cas de doute sur la qualité du produit, de détruire tout produit ne figurant pas sur la liste des médicaments homologués, de filtrer enfin les institutions ou personnes véritablement autorisées à manipuler le médicament.

b)      Le marquage des produits pharmaceutiques par des supports divers (code barre, code AMM…) afin de faciliter l’authentification.

c)       La prise en charge du stockage et de la destruction des produits saisis

d)      Le durcissement des législations en vigueur, dans le sens non plus des amendes, mais des peines de prison.

e)      Le contrôle systématique de la fiabilité des laboratoires exportateurs de médicaments ou à défaut limiter l’importation aux seuls laboratoires connus pour leur intégrité et leur sérieux.

Du 8 au 11 novembre 2006 en présence de l’OMD (Organisation mondiale des douanes) Interpol, l’UE (Union Européenne).  L’OMS (Organisation mondiale des la santé) et l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) se sont réunis pour débattre du problème. Des bonnes résolutions ont été prises. Mais la contrefaçon, trois ans après,  continue son bonhomme de chemin.

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D
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