Médicaments illégaux: L'Oms et Interpol ferment 70 "pharmacies internet"

Publié le par Luther

Le crime organisé génère des profits florissants à travers les pharmacies internet et le médicament contrefait1. Face à ce constat et l’explosion des incitations commerciales criminelles, l’Organisation mondiale de la santé n’a donc pas hésité à s’allier à Interpol en lançant la première opération internationale contre les trafiquants. Après avoir créé en 2006 un service de lutte contre la contrefaçon baptisé Impact2, voici donc l’opération Pangea de portée mondiale.
Selon Interpol “l’objectif premier est de protéger le public en soustrayant les médicaments contrefaits et illicites. Le plus efficace à cette fin est de neutraliser la vente illégale sur le net, en engageant des procédures contre ses instigateurs jouant avec la vie de consommateurs innocents et ignorant le risque encouru avec les produits achetés”. L’action en cours s’appuie sur des arrestations, saisies de produits contrefaits dans plusieurs pays, fermeture de sites internet. Sont aussi bien visés les produits inactifs et inappropriées, que ceux classés comme dangereux voire toxiques.
Le commerce du faux concerne bien sûr des produits typés “compléments alimentaires touchant au bien être. Et l’on comprend l’absurdité de risquer sa vie pour des kilos en moins, des vitamines en plus, voire pour sa vitalité sexuelle. La contrefaçon touche au médicament de ville ou hospitalier jusqu'aux onéreuses chimiothérapies anticancéreuses ou les drogues du bloc opératoire.
Ces soucis de pays “riches” ne doivent pas faire oublier la tragédie sub-saharienne avec des commerces submergés de faux antipaludéens, antituberculeux ou antirétroviral VIH. Un dénominateur commun au nord et au sud : le prix des produits de santé incite ces marchés parallèles à s’épanouir.
Les pays impliqués par l’opération Pangea II sont l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la république Tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Irlande, Israël, l’Italie, le Liechtenstein, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande, la Norvège, le Portugal, Singapour, L’Afrique du sud, l’Espagne, la Suède, la Suisse, la Thaïlande, la Grande Bretagne et les Etats-Unis.
On peut se poser la question de sa pleine efficacité alors que les policiers chinois et indiens ne sont pas concernés par l’opération.

1Selon l’OMS, le trafic du faux médicament prend une ampleur considérable et pourrait s'avérer encore plus florissant que le trafic de drogues. Pour preuve, un comprimé de Viagra frelaté coûte 0,05 dollar à produire, tout en générant un bénéfice de 6 000 à 20 000%, selon la vente sur internet (3 dollars), ou dans les pays en voie de développement en pharmacies de rue ou de marché (10 dollars).
2International Medical Products Anti-Counterfeiting Taskforce (IMPACT)

Lyon (AFP) – Interpol a mené une vaste opération de saisie de médicaments vendus illégalement sur internet, à laquelle ont participé les polices de 24 pays, de la France à la Thaïlande, qui ont confisqué près de 167.000 comprimés douteux et fermé plus de 70 sites internet de vente. "Pendant l'opération, la surveillance d'internet a révélé 751 sites internet menant une activité illégale, dont la vente de médicaments prescrits sur ordonnance, dont 72 ont été fermés", a annoncé jeudi dans un communiqué l'organisation internationale de police criminelle, dont le siège est à Lyon. "Plus de 16.000 colis ont été inspectés par les douanes, 995 ont été saisis et près de 167.000 cachets illégaux ou contrefaits – dont des antibiotiques, des stéroïdes et des pilules pour maigrir – ont été confisqués", lors de cette opération menée du 16 au 20 novembre, ajoute-t-elle. "Interpol et ses pays membres prouveront encore qu'internet n'est pas le havre anonyme et sûr pour ceux qui l'utilisent dans des buts criminels", précise le secrétaire général d'Interpol, Ronald K. Noble. Selon l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaes), chargé de la coordination de l'opération en France, 125 sites illégaux de mise en vente de médicaments en français et consultables à partir de la France ont été identifiés, dont 22 "directement rattachés au territoire national". Six personnes sont en garde à vue en France après localisation physique de gérants de trois sites à Paris, Toulouse et Saint-Etienne, selon l'Oclaes. Les sites visés organisaient le trafic de quatre manières, précise-t-il : en bradant sur internet de vrais médicaments obtenus sur ordonnance, en revendant des médicaments périmés et reconditionnés avec une nouvelle date ou en commercialisant des produits ne disposant pas d'Autorisation de mise sur le marché (AMM) ou enfin en proposant des produits contrefaits. En avril, Interpol avait mis en garde contre la vente illégale de médicaments contre la grippe porcin.

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