Gabon: Médicaments de la rue;plus chers et plus dangereux
« Les médicaments de la rue, ça tue « ne cesse-t-on de répéter. « gros bébé » , « la vieille mère joue ballon », « super appétit », « 4 coups sur place » ; les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier ces médicaments illicitement vendus, véritable menace pour la santé publique. Les conséquences de la consommation des médicaments de la rue sur la santé des populations sont indénombrables: résistances aux Antibiotiques et Antipaludiques, intoxications, destruction du foie du cœur et des reins. La circulation des Amphétamines et autres drogues vont de pair.
Plus grave, les enfants utilisés le plus souvent pour la vente de ces médicaments obscurs en sont les premières victimes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le marché des médicaments illicites dans certains pays représente 60% du volume des produits pharmaceutiques vendus. « Pour être commercialisé au Gabon, le médicament doit obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) » déclare le Ministre de la santé.
Les arguments souvent entendus par ces vendeurs non qualifiés et par leurs clients sont ceux-là: « Les médicaments de la rue sont les mêmes que ceux-là qu’on trouve en pharmacie, les médicaments ne sont pas périmés, les médicaments sont moins chers ». Nous, nous disons qu’acheter le médicament de la rue , c’est acheter sa mort.
1-Les médicaments de la rue ne sont pas conservés comme en pharmacie
Il faut savoir que chaque médicament a ses caractéristiques propres. Il les conserve jusqu’à la date de péremption à condition qu’il soit conservé dans des conditions qui lui assurent sa stabilité. Ces conditions sont toujours respectées en pharmacie et à l’hôpital et ne le sont jamais dans la rue, dans les marchés. Dans la rue, les médicaments se dégradent rapidement sous l’action combinée de la chaleur, de l’humidité et de la lumière du soleil. Ainsi, bien que la date de péremption soit la même, les médicaments de la rue perdent leurs effets avant la date prévue. Il se transforment en substances toxiques mortelles pour celui qui les consomme. Aujourd’hui dans les hôpitaux, le nombre de patients souffrant d’insuffisance rénale, d’hépatite , de perforations digestives et d’autres affections est en recrudescence à cause des effets des médicaments de la rue.
2-Les médicaments de la rue sont en majorité des médicaments contrefaits.
Un médicament contrefait est un médicament dont la composition ne répond pas aux normes scientifiques. La règles d’or du faussaires qui approvisionne les marchés étant de dépenser peu pour gagner beaucoup, il ne s’impose donc aucune limite. Dans les rares cas où le principe actif est présent, l’emballage de mauvaise qualité, les mauvaises manipulations par les vendeurs et vendeuses ne permettent pas d’assurer sa bonne conservation. Généralement le principe actif est en quantité insuffisante, ou est différent de celui annoncé dans l’emballage ou n’existe pas du tout. Cela peut s’avérer fatal si le patient souffre de certains affections comme la tuberculose, le paludisme ou le sida.
3-Le médicament générique et le médicament au détail vendus à la pharmacie et à l’hôpital sont moins chers que le médicament de la rue.
Depuis plusieurs années beaucoup de médicaments existent sous formes de génériques et sont vendus à la pharmacie au détail. Ainsi on trouve en pharmacie les médicaments génériques pour soigner beaucoup de maux et maladies. Ces affections sont le paludisme, la fièvre, le mal de tête, les douleurs dentaires, la diarrhée, les vers, l’hypertension artérielle « la tension », le diabète, les affections de la peau « la gale » ou « croussa croussa », les hémorroïdes « coco », l’impuissance sexuelle, les infections (par les antibiotiques ou « toupaille »).
Contrairement à ce que pense le patient qui achète ses médicaments au marché, les médicaments génériques vendus en pharmacie sont moins chers que les médicaments vendus dans les marché de rue. Prenons l’exemple du Paracétamol. Dans la rue, le comprimés qui représente tous les risques liés à son environnement se vend à 150 F CFA. La plaquette de 20 comprimés coûtera au patient au moins 3.000 F CFA. Cette même plaquette de 20 comprimés de Paracétamol bien conservée en pharmacie cote 1850 F CFA.
Pour toutes ces raisons et parmi tant d’autres, nous affirmons que : « Acheter les médicaments dans la rue, c’est acheter sa mort »