Energie osmotique:une énergie pure et verte
Connu sous le terme d'osmose, cette technologie méconnue permet de transformer en énergie la différence de salinité entre eau douce et eau de mer.
Il est théoriquement possible d'extraire de l'énergie au voisinage des estuaires (où l'eau douce des cours d'eau se mélange avec l'eau salée de la mer), en exploitant le phénomène d'osmose : si de l’eau douce et de l’eau salée sont séparées par une membrane semi-perméable, l’eau douce migre à travers la membrane. L'osmose est un processus courant de notre environnement et déjà exploité par l'homme pour dessaler l'eau de mer. Lorsque deux masses d'eau, l'une douce, l'autre salée, sont mises en contact à travers une membrane -fine pellicule qui bloque le sel mais laisse passer l'eau -, la première migre naturellement vers le contenant de la seconde, générant une pression, qu'une turbine convertit en électricité.
Si le réservoir contenant l’eau salée est à une pression supérieure à celle de l’eau douce, l’eau douce migre vers l’eau salée tant que la différence de pression n’excède pas une valeur limite (limite théorique avec l'eau de mer : 2,7 MPa, soit 27 bars) ; la surpression ainsi créée peut être utilisée pour actionner une turbine. Dans la pratique, on envisage d'opérer avec une surpression de 1 MPa (10 bars) ; un débit d’eau douce de 1 m3⋅s-1 générerait alors 1 MW.Une autre possibilité consiste à utiliser des membranes qui ne laissent passer qu'un type d'ions (positifs ou négatifs) : on peut alors produire directement de l'électricité.L'impact sur l'environnement est en principe nul, puisque le mélange se serait fait naturellement.Dans l’état actuel de la technologie, la surface de membrane nécessaire est de 200 000 à 250 000 m2 par Mégawatt ; la réalisation de ces membranes est une des difficultés pour le développement de cette technique.
Dans une ex-usine de chlore en briques rouges sur les rives du fjord d'Oslo, la compagnie publique norvégienne Statkraft va tester et développer ce procédé potentiellement prometteur pour la planète. L'enjeu est loin d'être négligeable car si l'essai est concluant, tous les pays disposant d'un accès à la mer pourraient, à terme, être à même de réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Cela ne suffira pas en soi à sauver la planète, mais l'énergie osmotique sera une part importante du portefeuille global d'énergies renouvelables. Contrairement aux autres énergies propres telles que le solaire et l'éolien, l'énergie osmotique produit un flux d'électricité stable, indépendamment des conditions météorologiques. La compagnie, qui se présente comme étant le premier producteur européen d'énergies renouvelables, a pour objectif de construire, à l'horizon 2015, un premier exemplaire commercial de 25 MW. De quoi alimenter 10.000 ménages.
Le potentiel global équivaut à la moitié de la production énergétique actuelle de l'Union européenne.
Même les pays qui n'ont pas de pétrole, de charbon ou de montagnes peuvent, grâce à elle, être en mesure de produire leur propre énergie.
L’énergie osmotique peut devenir dans un proche avenir une bonne alternative pour les énergies fossiles et une bouffée d’oxygène pour la planète.