Coupe du monde sans Didier Drogba?
La Côte d'Ivoire n'affiche définitivement pas le même visage sans Drogba. Privée de son attaquant vedette, blessé au bras, la sélection des Eléphants a clôturé hier sa campagne de préparation à la Coupe du Monde par un match nul 1-1 face au FC Lausanne. La rencontre à eu lieu à Nyon, après deux semaines de stage des Ivoiriens dans les Alpes suisses. Menés au score par les Vaudois dès la 24e minute, les Ivoiriens ont dû attendre la 77e minute pour égaliser grâce à l'attaquant de Lille Gervinho. En pleine convalescence après sa fracture du cubitus, Didier Drogba n'était pas présent pour assister à la rencontre. Aucune décision n'a encore été prise concernant la participation au Mondial 2010 du joueur de Chelsea même s'il s'envolera bien avec ses coéquipiers pour l'Afrique du sud. Pour son premier match dans le groupe G, la Côte d'Ivoire affrontera le Portugal le 15 juin à Port Elizabeth.
Vendredi dernier, Didier Drogba a laissé son cubitus dans un duel avec le Japonais Tanaka sur la pelouse de Tourbillon. Bras en écharpe, l'attaquant-capitaine-vedette de la Côte d'Ivoire a laissé entendre qu'il pourrait toutefois disputer la Coupe du monde. On en doute vraiment. Si son forfait n'a pas été officialisé - ce qui fut pourtant fait dans un premier temps -, c'est sans doute pour continuer de faire rêver les "Eléphants" ivoiriens. Il serait en effet miraculeux que l'ancien joueur de l'OM puisse être aligné lors de ce Mondial. N'importe quel adversaire sachant quelle est sa faiblesse, il prendrait d'énormes risques.
«Nous irons en Afrique du Sud pour gagner», avait-il laissé entendre au début de l'année. L’homme croit beaucoup en les siens. La Côte d’Ivoire, possède une sélection qui pourrait faire peur au monde entier, mais le conditionnel reste de rigueur. Car, entre les noms couchés sur le papier et le jeu proposé, il y a tout de même un sacré écart. Et, pour ne rien arranger à leurs affaires, les Africains viennent de vivre six derniers mois difficiles. Après leur échec à la CAN, ils ont en effet vu la Fédération limoger le sélectionneur Vahid Halilhodzic pour le remplacer par Sven-Göran Eriksson, qui ne parle pas un traître mot de français! Le fameux «choc psychologique» secouera-t-il les esprits ivoiriens? Le Suédois pourra-t-il greffer sa patte, parfois très défensive, sur sa nouvelle troupe?
C’est à souhaiter, car il serait dommage que cette génération, déjà stoppée au premier tour en 2006, descende au même arrêt quatre ans plus tard. C’est en effet la dernière qui sonne pour la majorité des meilleurs éléments du pays. Opposés notamment au Brésil et au Portugal, ils vont se frotter à une tâche terriblement difficile, mais qui devrait attiser leur envie de se battre. Car, s’ils n’étaient pas tombés dans un groupe pareil, force est de reconnaître que les «Eléphants» seraient déjà placés au second tour par les parieurs.
Les huitièmes de finale constituent leur premier objectif. Avec de voir plus loin? Ils ont les moyens de cette ambition, à une exception près, peut-être: leur gardien Barry Copa (Lokeren), n’est en effet pas un gage de sécurité. Dans son club belge, il n’a jamais rassuré les supporters et fait figure de seul véritable point faible, avec l’aspect mental, de la sélection d’Eriksson.