Contrefaçon des produits pharmaceutiques au Mali
Mali - La contrefaçon des produits pharmaceutiques est une triste réalité dans les pays en développement, surtout ceux d’Afrique. Ce trafic qui préoccupe tant aujourd’hui, ne pourra être éradiquée par les seules actions des pouvoirs publics. Les dirigeants de la Banque Atlantique sont persuadés que les entreprises doivent s’engager dans ce combat par des actions d'information et de sensibilisation sur les risques liés à la consommation des médicaments illicites. La banque, en partenariat avec le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, a ainsi organisé samedi une conférence-débat sur cette problématique. L’initiative s’inscrivait dans le cadre de la célébration de « l'Atlantique Day », c'est-à-dire la journée de la Banque Atlantique. La conférence qui s’est déroulée à l'hôtel Radisson Blu était animée par le Pr Aboubacar Sidiki Cissé, le directeur du centre Charles Mérieux, le Dr Cheick Oumar Dia, président du Syndicat national des pharmaciens, et Niamé Traoré, le directeur de la Banque Atlantique. Les conférenciers ont largement développé les différents dangers liés à la consommation des médicaments de la rue. Le Pr. Aboubacar Sidiki Cissé, a défini le médicament et le faux médicament pour cadrer le problème. Selon ces définitions, « toute substance ou composante présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines est un médicament », alors qu'un médicament contrefait est « la reproduction illicite du produit d'autrui sans son consentement ». Les médicaments contrefaits, selon le Pr Cissé, se caractérisent par une absence de principe actif, un sous dosage ou un surdosage en principe actif. Ces médicaments ont aussi un temps de désagrégation beaucoup plus court parce que mal conditionnés. Parlant de l'autorisation de mise sur le marché, le directeur du Centre Mérieux a expliqué que celle-ci constitue une garantie de sécurité du produit. Les statistiques de l'OMS sont révélatrices de l'ampleur du phénomène des médicaments contrefaits. Elles établissent ainsi qu’un médicament sur quatre utilisés dans les pays en développement, est faux. Les remèdes contrefaits représentent 6% du marché mondial. 16% selon l’agence américaine (Food And Drug Administration, FDA) qui assure la police en la matière. Les médicaments les plus copiés surtout dans les pays en développement sont ceux utilisés contre les infections. En premier lieu, les endémies majeures comme le paludisme, la tuberculose et le sida. Les faux médicaments provoquent de façon directe ou indirecte des intoxications. Ce sont des poisons qui tuent ou handicapent le consommateur. Le plus souvent, ils ont aussi des effets secondaires imprévus, des interactions dangereuses avec d’autres médicaments, des réactions allergiques et peuvent aggraver des troubles médicaux. Les conférenciers ont préconisé diverses mesures pour accélérer la lutte contre les médicaments contrefaits. Parmi ces mesures, on peut retenir la sensibilisation et l'information du public sur les méfaits de ces médicaments, l’application stricte des textes législatifs et réglementaires en la matière, le renforcement des capacités du personnel de santé dans la prévention et la lutte contre les faux médicaments. Le directeur de la Banque Atlantique a expliqué l'organisation de cette conférence par l'engagement de l’établissement financier à participer autrement à la vie de la cité. Depuis 2007, a-t-il rappelé, la Banque Atlantique est engagée aux côtés des pharmaciens dans la lutte contre les faux médicaments. La conférence s'est achevée par la lecture de l'Appel de Cotonou contre les faux médicaments, un document élaboré à la suite d'une mobilisation internationale contre les « médicaments par terre ». La rencontre de Cotonou a été organisée à l’initiative de la fondation Chirac et l’Appel lancé par les participants s'élève contre l'impunité et l'indifférence vis-à-vis de la contrefaçon des médicaments.