Cameroun:Vente des médicaments à proximité des pharmacies
Mme X, propriétaire d’une pharmacie dans une périphérie de Douala au Cameroun s’apprête à fermer son officine.
Au-delà de 20Heures, les malades ont recours aux pharmacies de garde qui prennent le relais jusqu’au petit matin.
A ce moment bien précis, Cinq à dix vendeurs de médicaments investissent le périmètre de l’officine, et commencent à installer leurs « caisses de médicaments ».Ils envahissent les points de passage menant vers la pharmacie. Les vendeurs ne redoutent rien. Au contraire. Car, Mme X l’ignore ou fait semblant de l’ignorer.
La stratégie de ces vendeurs est simple. Les malades se renseignent sur les pharmacies de garde par le biais d’un programme affiché sur la baie vitrée des officines. Ces malades, au gré de leur disponibilité, et de leur bourse trouvent souvent leur bonheur ou leur malheur – c’est selon – chez ces vendeurs ambulants.
La ville de Douala compte près de 150 officines de pharmacies. A proximité immédiate de chaque pharmacie, près d’une dizaine de vendeurs de médicaments de la rue se créent un espace de vente, de jour comme de nuit.
Le calcul est facile à faire.
Pas moins de 1500 « pharmacies par terre » côtoient la quelque dizaine d’officines qui assurent quotidiennement la garde dans la capitale économique. Sans prendre en compte ceux qui investissent les marchés, ou qui arpentent les trottoirs et les quartiers de cette vaste ville. Le fait est grave et le rapport de force disproportionné.
Ces vendeurs ambulant sont « futés ».Ils connaissent assez bien les besoins des malades « noctambules ». Des préservatifs (tolérable), des antalgiques, des antipaludéens, des antitussifs, mais surtout des antibiotiques font parti de leur stock de prédilection.
Mme X, la pharmacienne de proximité, doit être au courant de ce manège. Elle le suit pourtant avec un mutisme déconcertant. Elle ne se plaint nulle part.
La première instance de doléances qu’elle pouvait saisir est le conseil national de l’ordre des pharmaciens du Cameroun, le Syndicat ensuite. Ces deux instances pouvaient prendre le relais auprès des autorités administratives. Les ventes parallèles de médicaments se poursuivent au fil des temps et gangrènent autour de Mme X. Elle le constate d’ailleurs, son chiffre d’affaires baisse. Sa clientèle habituelle se fait rare, malgré les efforts de marchandising qu’elle déploie pour maintenir l’espace de santé qu’est son officine…
Que devrait faire Mme X ?
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